L'accès à l'eau potable, un défi planétaire

  • Tout le monde aura-t-il assez d’eau en 2050 ?

Au printemps 2018, à l’issue du huitième Forum international de l’eau au Brésil, l’ONU dressait un constat pour le moins alarmant. Six humains sur 10, soit 40 % de la population, connaîtront des épisodes de pénurie d’eau en 2050. En France, l’eau sort de nos robinets et il est difficile – si ce n’est en période estivale où des restrictions sont mises en place – d’imaginer l’ampleur de l’urgence.

 

Toutefois, à certains endroits de la planète, la crise de l’eau est déjà bel et bien réelle. 2,1 milliards de personnes n’ont pas l’eau potable à leur domicile et 4,4 milliards ne disposent pas de services d’assainissement sécurisés. 2,1 milliards, à vrai dire, c’est 30 % de la population mondiale. 263 millions doivent même marcher plus de 30 minutes pour accéder à un point d’eau. Quand d’autres (159 millions) continuent de boire l’eau de surface (rivières, puits, etc.) non traitée.

  • Comment expliquer le stress hydraulique ?

Le stress hydraulique, c'est quand la ressource en eau est insuffisante pour répondre aux activités humaines et aux besoins de l'environnement. Certains territoires franchissent des seuils de pénurie et ne sont pas au bout de leur peine. Le nombre d’habitants sur la planète ne cesse de grimper. Selon les prévisions, la population devrait passer de 7,3 milliards à 9,8 en 2050 et les modes de vie évoluent. En plein essor économique, les métropoles des pays en développement font pression pour répondre à la demande en eau potable.

  • Le défi n’est-il pas que tout le monde ait accès à l’eau potable en 2030 ?

Qu'est ce qu'un service de base ?

C’est le défi que se lance l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a adopté en septembre 2015, un programme de développement durable afin que l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène soit assuré pour tous d’ici 2030. Avec l’UNICEF, l’OMS a un œil permanent sur l’évolution des chiffres.

C’est même son cheval de bataille. Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, estime dans un rapport paru en 2017 qu’ « avoir accès à l’eau salubre, à l’assainissement et à l’hygiène à domicile ne devrait pas être un privilège exclusivement réservé aux riches vivant en milieu urbain ».

Les enjeux sont de taille, ne serait-ce qu’en matière de santé. Des enfants tombent malade à cause de l’eau contaminée, manquent l’école ou encore doivent déféquer à l’air libre. « 361 000 enfants âgés de moins de 5 ans meurent chaque année à cause de la diarrhée », selon l’OMS.

  • Et dans les pays visités ?

La carte ci-dessous, en passant la souris sur les pays (en blanc) que nous allons visiter, permet d’obtenir les données de l’année 2015 – dernières en date- sur l’accès à l’eau potable.

Sur cette carte, on observe des situations disparates d’un pays à un autre, mais avec un accès aux services élémentaires supérieur à 90 % dans les pays traversés, sauf au Myanmar (Birmanie). Pour ne prendre que cet exemple, notre première escale, 68 % de la population accède à un service élémentaire. En 2000, seule un peu plus de la moitié des habitants (55 %) l’avait. En y regardant de plus près, dans le monde rural, 40 % des habitants doivent marcher plus de 30 minutes ou boire de l’eau non traitée, sans aucune installation.

Mathilde Leclerc

Décembre 2018

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©2018 by Escales au fil de l'eau.

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